Ma façon de voyager a évolué: réflexion sur une année de voyages

Ma façon de voyager a évolué en 2019. Bien que ce soit considéré un luxe tant monétairement que pour la planète, je me rends bien compte que ne suis pas prête de m’arrêter de voir la planète. Majoritairement parce que depuis presque 2 ans maintenant je suis pigiste/travailleur autonome/freelance, bref, je travaille à mon compte. Ce qui veut dire que pour moi maintenant, partir en « vacances » n’existe plus vraiment. Quand je pars c’est pour le boulot… soit parce qu’un média m’y envoi (j’écris pour quelques publications en ligne) ou pour un voyage perso où je me dois de « rentabiliser » mon investissement en créant du contenu sur mon blogue et réseaux sociaux. 

Au petit matin, je bois mon thé sur le pont supérieur du Steam Ship Sudan

Je ne me plains pas! Je fais enfin ce que je rêve de faire comme boulot depuis toujours! J’ai seulement remarqué que je ne peux plus, et ne veux plus, voyager comme avant (dans le temps que j’avais seulement 3 semaines et quelques fériés ici et là dans mon année pour voyager). 

Conscience environnementale

Je me qualifierais de climato-anxieuse, à un certain niveau… je vois la planète mourir et alors que beaucoup de mes comparses blogueurs décident de plus en plus de rester clouer au sol, je ressens pourtant une urgence de voir la planète telle qu’elle est avant la « fin ». J’ai beau me donner bonne conscience parce que je recycle, composte, j’achète peu de vêtements et redonne ce dont je ne me sers plus au lieu de jeter, est-ce assez? Alors qu’on apprend que les centres de tri de recyclage n’arrivent pas à bien séparer toutes les matières de nos bacs, que les arbres plantés avec les crédits carbone meurent après quelques semaines, je ressens une forte pression à changer mes habitudes encore plus…. 

Les terres fertiles sur les rives du Nil en Égypte
La rive du Nil en Égypte

Puis j’arrive en Indonésie ou au Mexique où le recyclage, le co-voiturage, les voitures électriques, ne sont pas dans les pratiques locales, je nage à travers les gobelets de plastiques, et je perds la foi! Par où commencer? J’ai participé à un beach clean-up à Bali et à Bira sur l’île de Sulawesi… mais même une fois ramassés, ces déchets se retrouvent dans la rue, prêts à être emportés par la prochaine brise vers l’océan. Ouf! Les changements à faire sont énormes et parfois (souvent) je me sens dépassée. Je tente tant bien que mal d’éduquer les restaurateurs sur l’utilisation des pailles, d’encourager ceux qui veulent bien remplir ma bouteille d’eau au lieu de m’en vendre une, de ne jamais, au grand jamais prendre de sacs de plastiques dans les marchés. Un petit pas à la fois…

Joannie entrain d'admirer l'une des chutes accessibles à pied depuis le village de Munduk, Bali, Indonésie
Mon amie Joannie en admiration devant l’une des nombreuses chutes à Munduk, Indonésie.

Voyager seule 

Je lisais dernièrement le livre « Elles ont conquis le monde en solo » et je me rends bien compte que, malgré mes quelques escapades ici et là seule, ce n’est vraiment pas ma façon préférée de voyager. J’aime échanger avec un ou une partenaire de voyage, j’aime prendre des décisions à deux, discuter d’itinéraires et activités, revisiter les moments forts de la journée… Idéalement, il faut voyager avec la bonne personne! En voyageant seule, bien qu’on ne le soit jamais vraiment vu la facilité à rencontrer d’autres voyageurs, je sens qu’il me manque quelque chose.

MC Globetrotteuse à Holbox au Mexique au coucher de soleil
À Holbox, Mexique

Pourtant j’arrive très bien à aller au resto seule, à voyager en avion seule… mais vivre un voyage entier par moi-même ne me comble pas autant que je l’aurais cru. En Indonésie, j’ai passé presque 3 semaines seule et je l’avoue, outre mes deux gros rhumes et ma fatigue accumulée des intenses mois de travail précédents, je n’avais pas autant de plaisir que je l’aurais espéré avec cette belle liberté. Peut-être ne suis-je pas faite pour voyager en solo trop longtemps tout simplement!

MCGlobetrotteuse en Indonésie, Toraja
En Indonésie sur l’île de Sulawesi

Et bien que ce soit « cool » de vivre le « girl power » d’explorer la planète par soi-même, je ne trouve aucune satisfaction dans cet accomplissement. Je vais donc continuer d’orienter mes périples à des moments où je peux être, du moins partiellement, accompagnée dans le futur. Vous venez avec moi?

Créer du contenu à tout prix: à la recherche du wifi perdu 

Ah le fameux wifi, l’internet sans-fil! Je ne réalisais pas son importance avant de devoir travailler sur la route! Et je ne réalisais pas à quel point il est si peu présent ou efficace à bien des endroits dans le monde, incluant l’Europe! La course aux cafés, restaurants et lieux publics où le wifi est assez bon pour publier est constante et prend un temps fou dans une journée parfois.

Repas typique indonésien en tête à tête avec un livre et mon ordinateur
Soirée typique avec repas local en Indonésie avec un bon livre et mon fidèle ordinateur

Depuis la création de ce blogue, je veux créer du contenu à tout prix! J’ai réalisé cette année que je ne m’octroie que très rarement des pauses. Je reçois vos commentaires et je ne veux pas vous décevoir, je veux voir faire voyager là où vous ne pouvez aller. Les réseaux sociaux ont ça d’assez magique: offrir la possibilité d’amener plus de gens avec soi.

Bantul Yogyjakarta Indonesie
Une journée alors que j’étais très grippée où je me suis obligée à sortir visiter cet endroit, quand même magnifique, en Indonésie!

Mais voilà que je me crée maintenant des obligations à visiter certains jours où je suis fatiguée, ou à aller voir certains trucs parce que « c’est à voir », même si ça ne me tente pas tant que ça! J’apprends de collègues comme Lucie de Voyages et Vagabondages ou Alex Vizéo qui ont décidé cette année de laisser tomber le métier pour plusieurs raisons… Je ne veux pas me rendre là.

Le livre de Marie Julie Gagnon « Que reste-t-il de nos voyages » m’a aidé à prendre un peu de recul par rapport à toutes ces exigences qu’on s’impose nous-mêmes (elle a quand même beaucoup plus d’expérience que moi). Je fais le métier que j’ai toujours rêver de faire alors je pousse pour ne pas perdre le momentum… mais une journée de congé de temps en temps, c’est légal, non? Je devrai dans la prochaine année trouver un rythme plus facile à suivre, peu importe où je suis sur la planète. 

Vivre son voyage de rêve

MC Globetrotteuse au pied de la pyramide de Kheops
Derrière la pyramide de Kheops, il y a beaucoup moins de touristes!

#1 sur ma liste depuis mes 12 ans : l’Égypte. J’ai eu la chance cette année de réaliser mon rêve et surtout, de le vivre « VIP-style » grâce à Voyageurs du Monde. Bien que j’eusse peur d’être déçue, ce pays m’a fasciné à un point tel où je n’ai que le goût d’y retourner. Et maintenant, où aller? On dirait que les #2 à 350 (lol) sur ma liste n’ont plus autant d’intérêt. Je vais donc choisir ma prochaine destination en fonction des vols à rabais où des goûts de mon ou ma prochaine partenaire de voyage, comme je l’ai un peu toujours fait. Je veux voir toute la planète de toute façon alors où irais-je en 2020?

Ralentir le rythme à destination

Avec le 9 à 5, les 3 semaines de vacances et les quelques jours fériés et heures accumulés, j’avais appris à maximiser chaque journée de congé pour voyager. Go go go! Voyage et réalise tes rêves ma belle! Maintenant que je suis travailleur autonome, mon horaire n’est plus le même et être sur la route signifie aussi mélanger plaisir et travail. Je pars plus longtemps et je ne peux vivre mes voyages avec la même intensité en visitant tous les lieux du matin au soir. Je dois m’accorder des pauses pour écrire, répondre aux courriels mais aussi pour me reposer parce que, bien que ça sonne bizarre, le voyage, c’est souvent épuisant! Mon voyage en Indonésie a été planifié pour n’être que visites et déplacements… pas surprenant que je sois tombée malade si souvent pendant le voyage, mon corps m’envoyait des signaux que je n’écoutais pas! Je n’ai pas pris autant plaisir à voyager malgré le fait que j’y étais pour 6 semaines j’ai vécu cela comme si j’y avais été 10 jours… intense à chaque moment!

Hamac pour relaxer à Isla Holbox au Mexique
À Holbox au Mexique

Je dois apprendre à voyager plus lentement, sans trop planifier, en vivant un peu plus chaque jour comme je le ferais à la maison avec des activités ici et là, comme je fais au Mexique depuis maintenant 2 ans! 1 mois dans le même coin, des journées à me prélasser, d’autres à faire des petites excursions, d’autres à travailler. Le rythme parfait que je me dois d’adopter pour tous mes prochains voyages personnels!

Ce que j’ai appris…

Malgré que tous ces apprentissages m’aient été transmis par mes amies blogueuses (coucou Jennifer et Annie!) et pigistes, je me rends bien compte que je dois vivre par essais et erreurs et trouver ce qui s’adapte le mieux pour moi. J’entends encore mes amies me dire « je te l’avais dit » ou « décroche un peu, pas obligé de répondre à tout le monde en 24 heures », mais on ne change pas en une seule journée! Cette année aura été forte en découverte sur ma nouvelle vie et en adaptation, mais je suis contente de réaliser qu’on ne finit jamais d’apprendre, peu importe notre âge! 🙂 J’ai vécu de merveilleux voyages de l’Égypte en passant par le Nouveau-Brunswick, la France en croisière, New York, Cuba…hâte de voir ce que 2020 me réserve!

Art de rue à Brooklyn près du café Partners

Et vous, qu’avez-vous découvert sur vous cette année?

4 commentaires Ajoutez le votre

  1. Bianca dit :

    Coucou Maude! J’aime beaucoup le passage sur le fait de (ne pas) s’obliger à visiter des endroits juste « parce que »… Bien que j’applique ça depuis assez longtemps, je dois dire qu’il m’a fallu une véritable instrospection pour en arriver là.

    Et elles ont raisons, tes amies blogueuses : pas besoin de répondre à tout le monde en 24 heures 😉 Tout le monde gagne à ralentir, celui qui donne tout comme celui qui reçoit.

    Et pour répondre à ta question : j’ai surtout appris cette année que je ne peux nier ma véritable nature et que j’ai un énorme besoin de m’occuper de moi, que j’ai mis des passions de côté pendant plusieurs années, au profit d’autres projets, mais qu’il me faut les réhabiliter à leur endroit : bien au centre de ma vie (c’est ce que j’ai passé 2019 à faire, d’ailleurs).

    Je te souhaite une superbe année à venir, du doux, du lent et du beau. EN espérant que nos routes se croiseront à nouveau en 2020. 🙂

    1. MC Globetrotteuse dit :

      Merci beaucoup pour ton commentaire Bianca et merci pour les souhaits! Je vais travailler la-dessus en 2020 🙂 À bientôt!

  2. Sylvie Martineau dit :

    Allo Maude,

    Bravo pour cette introspection. Dans la vie nous devons avoir des temps d’arrêt pour être en mesure d’apprécier le moment présent et se remplir de ses accomplissements pour les partager avec les autres.

    Si tu ne fais que visiter et prendre des photos pour tes abonnés, tu n’en profites plus. Tu n’es plus dans le flow comme on dit. Je trouve ça beau qu’une jeune femme comme toi puisse réaliser qu’il faut réajuster sa façon de voyager.

    Je suis certaine que tu vas trouver ton équilibre entre voyager et avoir du plaisir. Ça fait partie de l’expérience. Je te souhaite qu’un jour tu puisses écrire un livre en donnant des trucs pour faciliter les gens qui comme toi, rêve de parcourir la planète et d’en faire un métier en même temps.

    Je te souhaite pour l’année qui s’en vient de beaux voyages qui seront avant tout en résonance avec toi. C’est ce qui fera de toi une des meilleures blogueuses car tu écris très bien et tes photos sont splendides..

    Prends soin de toi avant tout et fait nous découvrir par la suite de beaux endroits qui nous font rêver …..

    1. MC Globetrotteuse dit :

      Merci Sylvie pour ces bon mots! Je vous souhaite également une super année replie de belles surprises et évidemment la santé pour en profiter! 🙂 Merci de me lire!

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